À 65 ans Yannick Noah, sans détour au sujet des africains: « Ce sont ceux qui… »

Publié le 11 juin 2025 par: Être Heureux #etrehrx

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Yannick Noah, figure emblématique du sport et de la scène musicale française, continue de porter haut sa voix dans les débats sur l’identité, l’exclusion et les inégalités. À travers ses mots, ses engagements et son vécu, il rappelle combien la réussite ne protège pas des blessures du regard social.

À 65 ans, Yannick Noah incarne l’un des rares visages unanimement reconnus du paysage français, ayant traversé les époques et les sphères — du tennis aux scènes de concert, jusqu’aux causes humanitaires. Né à Sedan d’un père camerounais et d’une mère française, il a grandi en France tout en restant viscéralement attaché à ses racines africaines.

L’expérience de la différence l’a frappé dès l’enfance. Lorsqu’il évoque son arrivée en pension, Noah ne cache pas la violence de l’exclusion subie : moqué, assigné à une identité qui n’était pas la sienne, il a très tôt compris le poids des regards qui catégorisent. Cette stigmatisation l’a forgé, le poussant à construire une force intérieure à la hauteur de ses aspirations.

Le sport comme échappatoire et tremplin

Sur les courts de tennis, il a trouvé un refuge, un lieu où la performance efface les préjugés. Sa victoire à Roland-Garros en 1983 a fait de lui une légende, non seulement sportive, mais aussi symbolique : celle d’un homme qui a triomphé d’un système de représentations souvent réductrices.

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Pourtant, cette reconnaissance publique ne l’a jamais détourné de ses convictions profondes. Son parcours artistique, amorcé dans la chanson, est venu compléter son message : celui d’un homme libre, ancré dans ses valeurs, et profondément concerné par les injustices sociales.

Un engagement durable pour les jeunes et les exclus

Yannick Noah n’a jamais limité son militantisme aux mots. À travers des initiatives comme “Fête le Mur”, qu’il a fondée en 1996, il met concrètement le sport au service de l’insertion des jeunes des quartiers populaires. Il a aussi été actif dans l’association “Les Enfants de la Terre”, preuve que son engagement dépasse les frontières du spectaculaire.

Dans une interview accordée à Marie Claire, il évoque avec émotion son lien au Cameroun : “Je suis protégé par la terre, les odeurs”, dit-il, soulignant une forme de réconciliation intime avec ses origines. Il y associe une réflexion plus large sur l’histoire : pour lui, ceux que l’on a opprimés, spoliés, marginalisés, continuent de porter les stigmates du passé.

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Un regard lucide sur les injustices héritées

Dans ses prises de parole, Noah ne cherche pas à se poser en victime. Il brosse plutôt un constat implacable sur la réalité de celles et ceux que l’histoire a relégués. Il souligne que les peuples colonisés, les plus démunis, sont encore les premières cibles de l’exclusion et des préjugés.

Cet engagement n’est pas abstrait : il se traduit par une proximité sincère avec les plus fragiles. “Quand je vois un sans-papiers, j’ai l’impression d’être un sans-papiers”, confie-t-il. Cette empathie profonde le pousse à soutenir des milliers d’enfants à travers ses associations, avec une sensibilité désarmante : “Je suis toujours du côté de celui qui morfle. Ça me fait mal. Je ne peux pas m’en détacher.”

Une parole franche qui dérange parfois

Yannick Noah n’a jamais édulcoré ses propos. Sa sincérité lui a valu autant de respect que de critiques, notamment lorsqu’il a dénoncé le silence de certains sportifs face à des injustices flagrantes. Lors des manifestations mondiales après la mort de George Floyd, il a regretté l’absence de soutien venant d’athlètes européens non issus de la diversité.

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“Ce qui me gêne, c’est que ce sont tous des métisses ou des personnes racisées. Pourquoi ?”, s’interroge-t-il alors, rappelant que les luttes contre le racisme et les discriminations ne peuvent reposer sur les seules épaules de ceux qui en sont directement victimes.

Une voix nécessaire dans le paysage français

En France, Yannick Noah occupe une place singulière : celle d’un homme libre, populaire, mais sans concession. Son parcours, riche et engagé, l’autorise à prendre la parole là où beaucoup choisissent le silence. Et s’il agace parfois, c’est sans doute parce qu’il refuse de taire ce qu’il considère comme essentiel.

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