Crans-Montana: Gaëtan T. salarié du bar le Constellation et blessé dans l’incendie dénonce le « bric à brac » de l’établissement
Publié le 27 janvier 2026 par: Être Heureux
Le réveillon du Nouvel An à Crans-Montana restera à jamais gravé dans la mémoire de Gaëtan T.

Ce barman de 28 ans, employé depuis seulement un mois au Constellation, a frôlé la mort dans l’incendie qui a ravagé l’établissement. Aujourd’hui, il sort du silence et livre un témoignage accablant.
Le soir du 31 décembre, Gaëtan T. travaillait au bar situé à l’étage supérieur lorsque l’incendie a pris naissance au sous-sol. Les premières secondes restent gravées comme une déflagration sonore faite de cris, d’alertes et de panique. Le jeune homme se souvient avoir tenté de se protéger le visage avec son bras pour limiter l’inhalation de fumée, tout en essayant de venir en aide à une personne prise dans le chaos.
Très vite, la situation lui échappe. Les escaliers se transforment en piège, des clients s’y entassent, bloqués par la foule et la fumée qui envahit l’espace. Il ne garde que des images fragmentées, des « flashs » confus d’un mouvement de foule incontrôlable, avant de perdre connaissance sans comprendre comment il a pu sortir vivant de l’établissement.
Un réveil à l’hôpital sans souvenirs
Gaëtan ne rouvre les yeux qu’une semaine plus tard, le 7 janvier, à l’hôpital de Lausanne. Il a été intoxiqué par les fumées et brûlé sur près de 10 % de son corps. À son réveil, il peine à reconnaître sa propre mère, a du mal à parler, et ne conserve aucun souvenir clair de la fin de la soirée.

Cette amnésie partielle laisse place à une prise de conscience douloureuse. Le drame aurait-il pu être évité ? Pour lui, la question ne fait guère de doute. Il évoque un fonctionnement qu’il qualifie de “bric-à-brac”, loin des standards de sécurité attendus dans un lieu recevant du public.
Des manquements de sécurité qui l’interpellent
Fort de dix années d’expérience dans le métier, Gaëtan affirme n’avoir reçu aucune formation sur la conduite à tenir en cas d’incendie. Il confie même ne pas se souvenir avoir vu un extincteur dans la zone où il travaillait, une interrogation qui, avec le recul, le hante.
Arrivé seulement un mois plus tôt, il avait déjà envisagé de quitter son poste. Les conditions de travail, la clientèle très jeune et l’organisation générale ne lui convenaient pas. Les gérants lui avaient toutefois demandé de rester jusqu’au 5 janvier, le temps de se retourner. Il n’imaginait pas que ces quelques jours supplémentaires changeraient sa vie à jamais.
Les mousses acoustiques au cœur des interrogations

Deux semaines avant le drame, Gaëtan a participé, à la demande des propriétaires, à une tentative de réparation des dalles de mousse acoustique qui se décollaient du plafond. Celles-ci étaient maintenues à l’aide de queues de billard et recollées avec une colle dont personne ne connaissait réellement la composition.
Aujourd’hui, il s’interroge sur le rôle que ces matériaux ont pu jouer dans la propagation du feu. Selon lui, les plaques tenaient mal, continuaient à se détacher, et l’ensemble donnait une impression de bricolage improvisé. Une situation qui, avec le recul, lui paraît incompatible avec les règles élémentaires de sécurité.
La version des gérants contestée
Dans le cadre de l’instruction pénale menée par la justice suisse, les époux Moretti ont mis en cause un salarié, accusé d’avoir fermé une porte de service derrière laquelle plusieurs victimes ont été retrouvées. Cette version est catégoriquement contestée.
Le salarié incriminé affirme que la porte était déjà fermée bien avant l’incendie, un point que Gaëtan confirme également. Il estime que les employés servent aujourd’hui de boucs émissaires dans une tentative de se dédouaner des responsabilités. Au-delà des blessures physiques, Gaëtan parle d’une colère croissante. Il déplore n’avoir reçu aucun signe des propriétaires depuis le drame, aucun message, aucune marque d’attention envers les salariés qui ont pourtant vécu l’enfer cette nuit-là.






