Face à l’urgence, la Suède envisage d’incarcérer des mineurs très jeunes
Publié le 27 janvier 2026 par: Être Heureux
Face à une flambée persistante des violences liées aux gangs, la Suède s’apprête à franchir un cap juridique inédit.

Le gouvernement veut désormais pouvoir juger certains mineurs dès 13 ans pour des crimes d’une gravité exceptionnelle, une décision qui divise profondément les institutions du pays.
Le gouvernement suédois a annoncé, lundi 26 janvier, son intention de déposer un projet de loi abaissant l’âge de la responsabilité pénale de 15 à 13 ans pour une liste très précise d’infractions. Il ne s’agit pas d’une réforme générale, mais d’un dispositif réservé aux faits les plus graves, comme les meurtres, tentatives de meurtre, viols aggravés, attaques à l’explosif ou infractions liées aux armes.
Le ministre de la Justice, Gunnar Strömmer, a insisté sur cette nuance lors de sa conférence de presse, affirmant que cette mesure exceptionnelle répond à une situation tout aussi exceptionnelle.
La pression croissante des réseaux criminels sur les mineurs

Depuis plus d’une décennie, la Suède fait face à une montée continue de la violence liée aux gangs. Les réseaux criminels recrutent désormais des enfants de moins de 15 ans, conscients qu’ils ne peuvent pas être condamnés à des peines de prison. Ces mineurs sont parfois utilisés pour commettre des fusillades ou poser des explosifs dans le cadre de règlements de comptes liés au trafic de drogue.
Une enquête commandée par le gouvernement en janvier 2025 recommandait déjà d’abaisser l’âge de la responsabilité pénale à 14 ans. Mais quelques mois plus tard, l’exécutif a décidé d’aller plus loin en proposant le seuil de 13 ans.
Une opposition marquée des institutions judiciaires et pénitentiaires

Le projet a été transmis à 126 autorités et organisations pour consultation. La majorité des réponses se sont révélées critiques, voire franchement opposées à la réforme. La police a notamment alerté sur un effet pervers possible : voir des enfants encore plus jeunes être instrumentalisés par les réseaux criminels. Les responsables pénitentiaires ont, eux, pointé l’absence de structures adaptées pour accueillir des détenus aussi jeunes. D’autres institutions ont évoqué un risque sérieux de violation des droits de l’enfant.







