« J’ai voulu appeler mes enfants Fraise et Nutella, l’État civil a REFUSÉ à cause de ce simple prétexte »
Publié le 15 avril 2026 par: Être Heureux
À Valenciennes, deux choix de prénoms jugés originaux ont suscité l’intervention de la justice.

En cause : des appellations considérées comme potentiellement préjudiciables pour les enfants concernés. Derrière ces décisions, un principe central du droit français : la protection de l’intérêt de l’enfant face à des choix parentaux jugés inadaptés.
Entre septembre et octobre 2014, deux couples ont déclaré à l’état civil des prénoms inhabituels pour leurs filles, suscitant une réaction immédiate des autorités. Les appellations choisies, inspirées de termes du quotidien, ont été jugées problématiques dès leur enregistrement.
À Valenciennes, les services d’état civil ont estimé que ces prénoms pouvaient nuire aux enfants, en raison de leur caractère atypique et des connotations associées. Cette appréciation a conduit à une saisine de l’autorité judiciaire.
L’intervention du juge au nom de l’intérêt de l’enfant
Face à ces situations, le juge aux affaires familiales a été sollicité pour statuer sur la validité des prénoms attribués. Dans les deux cas, la justice a considéré que les choix parentaux ne respectaient pas le principe fondamental de l’intérêt de l’enfant.

Pour la première fillette, le prénom choisi correspondait à une marque commerciale largement connue, ce qui a été jugé inapproprié. Le tribunal a estimé que cette désignation exposerait l’enfant à des remarques ou des moqueries, justifiant ainsi son remplacement par un prénom plus conventionnel.
Des décisions motivées par le risque de moqueries
Dans la seconde affaire, le prénom retenu a également été jugé susceptible de provoquer des jeux de mots ou des remarques désobligeantes, en raison de son usage courant dans le langage. Le juge a ainsi considéré que ce choix pouvait avoir des conséquences négatives sur le développement de l’enfant.
En conséquence, les deux prénoms ont été supprimés des registres officiels, et remplacés par d’autres jugés plus conformes aux exigences légales. Cette décision illustre la vigilance des juridictions face aux risques sociaux liés à certains choix d’identité.
Un cadre légal encadré par le Code civil

En France, les parents disposent d’une liberté étendue dans le choix du prénom de leur enfant, depuis l’abandon des listes officielles. Toutefois, cette liberté n’est pas absolue.
L’article 57 du Code civil prévoit en effet que le prénom ne doit pas porter atteinte à l’intérêt de l’enfant ni aux droits de tiers, notamment lorsqu’il s’agit de noms associés à des marques ou à des expressions susceptibles de poser problème.
Le rôle de l’état civil dans le contrôle des prénoms
Lors de la déclaration de naissance, l’officier d’état civil est chargé d’enregistrer les prénoms choisis, tout en exerçant un contrôle de conformité. En cas de doute, il peut alerter le procureur de la République.
Ce dernier peut alors saisir la justice, permettant au juge d’examiner la situation. Le magistrat a la possibilité de refuser un prénom et d’en attribuer un autre, même en l’absence des parents lors de la décision.
Ces affaires illustrent la capacité des autorités à intervenir lorsque le prénom choisi est perçu comme susceptible de nuire à l’enfant, notamment en raison de connotations sociales ou linguistiques.







