L’affaire d’un sans-papiers algérien suscite la colère de Giorgia Meloni
Publié le 21 février 2026 par: Être Heureux
La décision de la justice italienne a provoqué une réaction immédiate au sommet de l’État.

Jeudi 19 février 2026, la Première ministre Giorgia Meloni a publié une vidéo sur ses comptes officiels pour commenter la réhabilitation d’un migrant algérien, dont le transfert vers un centre en Albanie a été jugé irrégulier par le tribunal de Rome.
Selon le quotidien Il Fatto Quotidiano, l’homme avait d’abord été placé dans un centre de réadaptation en Italie avant d’être transféré au centre de rétention de Gjadri, en Albanie. Ce déplacement s’inscrivait dans le cadre du « pacte de Gjadri », un accord conclu entre Rome et Tirana pour externaliser une partie du traitement des demandes d’asile et des procédures liées aux migrants en situation irrégulière.
Le tribunal de Rome a estimé que le migrant n’avait pas été correctement informé de sa destination. Les autorités lui auraient indiqué un transfert vers un centre situé à Brindisi, en Italie, et non vers l’Albanie. Les juges ont considéré qu’il s’agissait d’une « négligence grave » constituant une violation des droits de la personne, ordonnant son retour en Italie et condamnant le ministère de l’Intérieur à verser 700 euros d’indemnisation.

La riposte de Giorgia Meloni
Dans sa prise de parole, Giorgia Meloni a dénoncé ce qu’elle qualifie de « justice politisée », estimant que la décision entrave la mise en œuvre des politiques migratoires du gouvernement. Elle a rappelé que le ressortissant algérien se trouvait en situation irrégulière et qu’il aurait fait l’objet de 23 procédures judiciaires, dont une condamnation pour agression.
Selon la cheffe du gouvernement, le jugement complique désormais son placement en centre de rétention et son éventuel transfert en Albanie en vue d’un rapatriement. Elle a insisté sur la détermination de son exécutif à poursuivre les expulsions prévues par la loi, affirmant qu’« il est un devoir d’accueillir ceux qui en ont le droit », tout en soulignant que le respect des lois italiennes reste une condition essentielle pour séjourner dans le pays.
Un cadre juridique sous tension

Cette affaire met en lumière les contraintes juridiques qui encadrent les politiques migratoires italiennes. Les transferts vers des centres situés à l’étranger, comme ceux prévus par le pacte de Gjadri, doivent se conformer aux normes nationales et européennes, notamment en matière d’information des personnes concernées et de respect de leurs droits fondamentaux.
Le ministère de l’Intérieur est tenu d’examiner chaque dossier individuellement, dans le respect des décisions judiciaires. La condamnation à verser 700 euros illustre le contrôle exercé par les tribunaux sur l’action administrative, même lorsque celle-ci s’inscrit dans une stratégie politique affirmée de lutte contre l’immigration irrégulière.
Un dossier emblématique
Au-delà du cas individuel, l’épisode souligne les frictions récurrentes entre pouvoir exécutif et autorité judiciaire sur les questions migratoires en Italie. Il illustre aussi la dimension européenne du débat, alors que plusieurs États membres expérimentent des dispositifs d’externalisation des procédures d’asile.







