Le nucléaire sera bientôt financé par… le livret A
Publié le 14 mars 2026 par: Être Heureux
Le financement du nouveau programme nucléaire français prend une tournure inattendue.

L’Élysée a confirmé que l’épargne des Français, via le Livret A, contribuera en grande partie au financement des futurs réacteurs EPR 2. Une décision stratégique qui relance le débat sur l’utilisation de l’épargne réglementée pour soutenir l’indépendance énergétique du pays.
À l’issue d’un Conseil de politique nucléaire tenu sur le chantier de la future centrale de Centrale nucléaire de Penly, la présidence de France a annoncé une mesure majeure concernant le financement du programme nucléaire national. Environ 60 % du financement du programme de nouveaux réacteurs EPR 2 sera assuré par un prêt bonifié de l’État alimenté par le fonds d’épargne géré par la Caisse des dépôts et consignations.
Concrètement, cela signifie que l’épargne placée sur des produits réglementés comme le Livret A, mais aussi sur les Livret de développement durable et solidaire et le Livret d’épargne populaire, participera indirectement au financement du nouveau nucléaire français.
Le fonds d’épargne centralise en effet près de 59,5 % de ces dépôts, représentant environ 400 milliards d’euros d’épargne réglementée.
Six nouveaux réacteurs EPR d’ici 2038

Le projet nucléaire français prévoit la construction de six réacteurs de nouvelle génération, appelés EPR 2. Ce programme doit être déployé sur plusieurs sites, notamment à Penly, Gravelines et Bugey.
Selon les estimations de EDF, le coût global de ce vaste chantier s’élève à environ 72,8 milliards d’euros (en valeur 2020). L’objectif fixé par les autorités est de prendre la décision finale d’investissement d’ici la fin de l’année 2026, afin de permettre une première mise en service autour de 2038.
Ce calendrier dépend notamment des discussions en cours avec la Commission européenne concernant les modalités de financement et les règles européennes en matière d’aides d’État.
Macron défend un « chantier du siècle »
Présent sur le site de Penly, Emmanuel Macron a défendu avec force la relance du nucléaire civil en France. Selon lui, l’énergie atomique demeure un pilier essentiel pour garantir la souveraineté énergétique, la compétitivité économique et la lutte contre le changement climatique.
Le président de la République a qualifié ce programme industriel de « chantier du siècle », estimant qu’il permettra à la France de maintenir son avance dans le domaine de l’énergie nucléaire.
Les travaux préparatoires sur le site de Penly ont déjà débuté afin d’accueillir deux des futurs réacteurs de nouvelle génération.
Vers une autonomie en uranium à long terme

Au-delà de la construction de nouveaux réacteurs, le Conseil de politique nucléaire a également évoqué l’approvisionnement futur en uranium. Un nouveau programme visant à « fermer le cycle du combustible » a été confirmé.
L’objectif est de recycler davantage les matières issues du combustible nucléaire usé, notamment le plutonium, afin de réduire la dépendance de la France aux importations d’uranium naturel.
Dans ce cadre, des études doivent être lancées sur une période de quatre ans avec la participation d’acteurs majeurs du secteur comme Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, Framatome et Orano.
Ces travaux pourraient déboucher, à l’horizon 2030, sur la construction d’un réacteur à neutrons rapides, une technologie permettant de recycler plusieurs fois le combustible nucléaire et de réduire les déchets ultimes.
Une décision qui relance le débat
L’utilisation de l’épargne réglementée pour financer le nucléaire pourrait toutefois relancer le débat en France. Le Livret A est traditionnellement associé au financement du logement social et des politiques de la ville.







