Mur mitoyen : cette règle du code civil que beaucoup de propriétaires ignorent et qui peut vous éviter de payer pour votre voisin
Publié le 12 février 2026 par: Être Heureux
Un mur qui se fissure, un devis qui grimpe et un voisin qui refuse de payer : la situation est fréquente et souvent source de tensions durables.

Pourtant, le Code civil encadre très précisément la mitoyenneté. Avant d’engager des travaux ou un recours, mieux vaut connaître la règle essentielle qui détermine qui doit régler la facture.
Avant toute chose, il faut déterminer si le mur est réellement mitoyen. Un mur mitoyen appartient en indivision aux deux propriétaires qu’il sépare, conformément aux articles 653 à 673 du Code civil. À l’inverse, un mur privatif appartient entièrement à un seul voisin, soit parce qu’il est entièrement situé sur sa parcelle, soit parce qu’un acte notarié le précise.
Pour lever toute ambiguïté, il convient d’examiner les titres de propriété, les plans cadastraux et la limite séparative des terrains. En cas de doute, un écrit signé entre voisins ou un acte notarié peut sécuriser la situation. Clarifier ce point en amont évite bien des conflits ultérieurs.
La règle simple : partage des frais nécessaires

La règle de base est limpide : les frais d’entretien et de réparation d’un mur mitoyen sont supportés par les deux copropriétaires, en principe à parts égales, dès lors que les travaux sont nécessaires à la solidité ou à la conservation de l’ouvrage. Cela concerne par exemple une consolidation, un ravalement indispensable ou une reconstruction imposée par l’état du mur.
Cependant, cette obligation suppose un accord préalable sur le diagnostic et le devis. Les deux voisins doivent être informés et associés à la décision. Engager des travaux unilatéralement, sans urgence avérée, peut compliquer toute demande de remboursement ultérieure.
Les exceptions qui changent tout

C’est souvent ici que naissent les désaccords. Si l’un des voisins fait un usage particulier du mur – en l’élevant, en y adossant une construction ou en modifiant sa structure – il assume seul les frais liés à cet usage spécifique. De même, si les dégradations proviennent d’un arbre planté par un seul propriétaire ou de travaux qu’il a entrepris, la réparation lui incombe.
Les dépenses purement esthétiques constituent un autre cas fréquent de discorde. Embellir, crépir ou repeindre pour des raisons de confort personnel ne peut être imposé au voisin sans son accord écrit. Dans ce cas, le refus de payer est parfaitement légal.
Un voisin peut donc refuser de contribuer sans être en tort si le mur n’est pas mitoyen, si la mitoyenneté a été abandonnée ou si les travaux ne sont ni nécessaires ni urgents. En revanche, refuser de participer à des réparations indispensables peut constituer un manquement à ses obligations légales.
En cas de désaccord, la démarche doit rester progressive. D’abord, privilégier la discussion et présenter un devis détaillé. Ensuite, formaliser une demande par écrit, voire adresser une mise en demeure. Si le conflit persiste, il est possible de solliciter la protection juridique de son assurance, de saisir un conciliateur de justice, puis, en dernier recours, le tribunal judiciaire.







