« Notre fils est décédé , on ne se taira pas » : le père d’Ilann, décédé à 15 ans sur un terrain de foot, réclame justice
Publié le 12 janvier 2026 par: Être Heureux
Sept mois après la mort d’Ilann, adolescent de 15 ans décédé à la suite d’un choc violent sur un terrain de football, une décision disciplinaire vient raviver la douleur de sa famille.

Si la sanction sportive marque un précédent, elle laisse ses proches avec un sentiment d’inachevé, entre incompréhension, colère et combat pour que le drame ne se reproduise plus. Le vendredi 9 janvier, la Commission de discipline a prononcé une suspension d’un an, tous matchs confondus, à l’encontre du joueur adverse impliqué dans l’accident mortel d’Ilann. Le drame s’était produit le 1er juin lors d’un tournoi organisé à Mérignac, en Gironde. Cette décision, rarissime dans le football amateur, intervient après plusieurs mois d’instruction du dossier au niveau fédéral.
Un choc d’une violence extrême dès le début du match
Quatre minutes seulement après le coup d’envoi, Ilann, défenseur de la Jeunesse Villenavaise, est violemment percuté par un joueur du Stade Bordelais. L’adversaire saute, genoux repliés, et le choc est d’une brutalité telle qu’il provoque la rupture du foie et de la veine cave du jeune joueur. Transporté en urgence à l’Hôpital Pellegrin, Ilann succombe trois jours plus tard à une hémorragie interne.
La douleur intacte d’un père face à la décision disciplinaire

Pour Sébastien Vermis, le père d’Ilann, cette sanction reste difficile à accepter. « C’est comme un homicide routier », confie-t-il, estimant que même sans intention de tuer, certains gestes exposent les autres à des risques mortels. Si la suspension d’un an constitue une reconnaissance symbolique de la gravité des faits, elle apparaît insuffisante au regard des conséquences irréversibles du choc.
Parallèlement à la procédure sportive, une enquête pour homicide involontaire avait été ouverte par le parquet de Bordeaux. Les parents d’Ilann avaient déposé deux plaintes, visant notamment deux joueurs adverses. L’enquête a finalement été classée sans suite, faute de pouvoir établir le caractère volontaire du coup porté, une décision qui a renforcé le sentiment d’injustice ressenti par la famille.
Des accusations lourdes sur la prise en charge des secours
Au-delà du geste sur le terrain, les parents du jeune footballeur ont également mis en cause la prise en charge médicale, qu’ils jugent défaillante. Ils estiment que « tout a été fait pour que leur fils succombe à ses blessures », une conviction qui alimente leur colère et leur détermination à poursuivre le combat judiciaire si de nouveaux éléments venaient à émerger.
Le club organisateur a, lui aussi, été sanctionné. Une amende de 300 euros a été infligée pour l’organisation d’un tournoi amical sans l’accord préalable de la ligue. Pour Sébastien Vermis, cette enquête fédérale reste néanmoins un acte courageux. Il a salué publiquement l’implication de plusieurs responsables ayant accepté de traiter un dossier « d’une gravité jamais rencontrée jusque-là ».
Une victoire partielle, mais une sanction jugée trop légère

Si cette suspension, non prévue explicitement par les règlements, constitue une première victoire morale pour la famille, elle laisse un goût amer. Un an sans aucun match, amical ou officiel, reste une sanction lourde sur le plan sportif, mais insuffisante aux yeux des parents, face à la perte irréparable de leur fils.
Plutôt que de se taire, les parents d’Ilann ont choisi d’agir. Ils ont créé l’association Un brassard pour Ilann, destinée à lutter contre la violence dans le sport. Le symbole est né des amis d’Ilann, qui jouaient avec un strap portant l’inscription IV4, en référence à son prénom et à son numéro de maillot.
Des actions concrètes pour changer les mentalités
Aujourd’hui, plus de 1 200 brassards ont été distribués, en France et à l’étranger. L’association, qui compte une soixantaine de membres, développe des programmes de sensibilisation afin de prévenir les comportements violents sur les terrains. L’objectif est clair : faire des clubs de véritables ambassadeurs du respect et de la sécurité.
Sébastien Vermis discute actuellement avec la ligue et la Fédération Française de Football pour créer un label IV4, destiné aux clubs engagés contre la violence. Un gage de confiance pour des parents parfois terrorisés à l’idée d’inscrire leurs enfants au sport, et un moyen, espère-t-il, de redonner au football ses valeurs fondamentales.






