SNCF: un usager écope de 200 euros d’amende pour avoir écouté une vidéo trop fort, est-ce légal?
Publié le 17 février 2026 par: Être Heureux
Une simple vidéo regardée sans écouteurs peut-elle coûter 200 euros ? L’affaire, largement relayée sur les réseaux sociaux, a surpris de nombreux voyageurs.

Pourtant, derrière l’indignation, le droit existe bel et bien. Reste à comprendre dans quels cas une telle sanction peut être appliquée.
Une amende pour “usage d’instrument sonore” : est-ce légal ?
Un voyageur de la SNCF affirme avoir été verbalisé à hauteur de 200 euros pour avoir regardé une vidéo Instagram “un peu trop fort” dans un train. Sur le procès-verbal, le motif retenu est clair : “usage d’instrument sonore” troublant la tranquillité d’autrui.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, aucun texte n’interdit formellement d’écouter une vidéo ou de téléphoner dans les transports. En revanche, l’article R2241-18 du Code des transports précise qu’il est interdit de troubler la tranquillité des autres passagers par des bruits ou l’usage d’appareils sonores sans autorisation. Autrement dit, ce n’est pas la vidéo en elle-même qui est sanctionnée, mais le dérangement qu’elle occasionne.

Une sanction qui dépend du contexte
La verbalisation n’est pas automatique. Tout repose sur l’appréciation du trouble causé, du volume sonore et, parfois, des plaintes d’autres usagers. En général, l’agent commence par demander au voyageur de baisser le son ou d’utiliser des écouteurs.
En cas de refus, la sanction tombe. L’infraction relève d’une contravention de quatrième classe. À la SNCF, l’amende pour usage d’appareil sonore est fixée à 150 euros. Elle peut être majorée si le paiement immédiat est refusé, ce qui explique ici le montant de 200 euros : 150 euros d’amende, plus 50 euros de majoration.
Des montants variables selon les réseaux
Les montants diffèrent légèrement selon l’opérateur. À la RATP, une amende pour trouble à la tranquillité débute à 60 euros. À la SNCF, elle oscille généralement entre 135 et 150 euros, pouvant grimper jusqu’à 375 euros en cas de non-paiement dans les délais.

D’autres situations ont déjà donné lieu à des sanctions similaires : appels en haut-parleur dans une gare, musique diffusée sans écouteurs ou même miaulements répétés d’un animal perturbant le voyage. La notion centrale reste toujours la même : le trouble causé aux autres passagers.
Peut-on contester ce type d’amende ?
Comme toute contravention, celle-ci peut être contestée. L’usager dispose d’un délai de trois mois pour déposer une réclamation auprès du service client du transporteur, via un formulaire en ligne ou par courrier recommandé.
Si la réponse obtenue ne satisfait pas, il est possible de saisir le médiateur du réseau concerné. Pour espérer un résultat favorable, il est recommandé de fournir des éléments concrets : témoignages, enregistrements ou toute preuve attestant que le volume n’était pas excessif — même si, dans les faits, ce type de preuve reste difficile à produire.







