« Tu n’as qu’à te jeter d’un pont » : Un père de famille porte plainte après les propos d’une professeure à sa fille
Publié le 29 janvier 2026 par: Être Heureux
Un mot peut parfois blesser plus qu’un geste. Dans une salle de classe ordinaire, une phrase prononcée à voix haute a provoqué une onde de choc qui dépasse désormais les murs du collège.

Entre indignation, enquête et inquiétude, une affaire venue d’Istres relance le débat sur la responsabilité éducative et la parole des adultes face aux élèves. Au collège Louis-Pasteur d’Istres, dans les Bouches-du-Rhône, une scène survenue à la mi-janvier lors d’un contrôle de mathématiques a profondément marqué une élève de 3e. Alors que l’adolescente de 14 ans ne répondait pas aux questions de l’évaluation, son enseignante lui aurait lancé devant ses camarades : « De toute façon tu ne comprends jamais rien, tu n’as qu’à te jeter d’un pont ». Une phrase qui a immédiatement choqué la jeune fille et, par ricochet, sa famille.
La professeure a depuis reconnu les faits et présenté des excuses. Mais pour le père de l’élève, interrogé sur RMC, ces paroles demeurent « impardonnables ». Il a décidé de porter plainte, estimant que de tels propos ne peuvent être minimisés, surtout lorsqu’ils sont adressés à une adolescente en pleine construction personnelle.
Une affaire désormais suivie par l’Académie

Saisie de la situation, l’Académie d’Aix-Marseille a confirmé que le dossier était en cours d’instruction par les services académiques. Un accompagnement a été mis en place afin de garantir à l’élève une poursuite de scolarité apaisée, en lien étroit avec la direction de l’établissement et la famille.
Du côté judiciaire, le parquet d’Aix-en-Provence n’a pour l’instant pas communiqué. Mais l’affaire dépasse déjà le cadre strict du collège. Elle interroge plus largement la place de la parole éducative, la gestion de la pression en classe et les limites à ne jamais franchir face à des mineurs.
L’indignation des parents d’élèves

Christophe Merlino, président de la FCPE 13, s’est exprimé avec fermeté au micro de Maritima. Selon lui, tenir ce type de propos devant une adolescente est incompatible avec l’exercice du métier d’enseignant. Il déplore également une réaction jugée trop tardive face à la gravité des paroles prononcées.
Pour de nombreux parents, cette affaire soulève une inquiétude plus profonde : celle de la protection psychologique des élèves dans un environnement scolaire parfois sous tension, où la pression peut peser aussi bien sur les enseignants que sur les adolescents.
Un contexte particulièrement sensible
Ces faits surviennent dans une période marquée par une forte émotion autour des questions de harcèlement scolaire. Le 13 janvier dernier, en Seine-et-Marne, Camélia, lycéenne de 17 ans, s’est donné la mort selon sa famille après avoir été victime de harcèlement. Une marche blanche réunissant près de 2.000 personnes lui a rendu hommage, tandis qu’une enquête pénale et une enquête administrative sont en cours. Dans ce climat déjà chargé, les mots prononcés à Istres prennent une résonance particulière. Ils rappellent combien la parole adressée à un jeune peut avoir un impact durable, bien au-delà de l’instant où elle est prononcée.







