Une enquête ouverte pour une pinata anti-police dans une école: « le pays tourne à l’envers! »
Publié le 3 février 2026 par: Être Heureux
Une œuvre étudiante, un symbole en carton, une vidéo virale et, en quelques heures, une affaire devenue politique.

À Mulhouse, une performance artistique a déclenché une réaction judiciaire inattendue, relançant le débat sensible entre liberté de création, respect des institutions et contexte électoral tendu.
À la Haute École des Arts du Rhin à Mulhouse, des étudiants ont frappé à coups de bâton une voiture de police… en carton. Suspendue au plafond comme une piñata, la structure portait l’inscription « ACAB ». La scène, filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux, a rapidement dépassé le cadre de l’école pour devenir un sujet national.
Cette performance intervenait alors que des manifestations de policiers se tenaient ailleurs dans le pays, ce qui a contribué à amplifier la portée symbolique de la vidéo.
Une réaction immédiate des autorités
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a qualifié les faits de « franchement inadmissibles » et demandé au préfet du Haut-Rhin de saisir la justice. Une enquête a été ouverte pour outrage aux forces de l’ordre et au drapeau français, une qualification pénale lourde au regard de la nature artistique de la scène.
La municipalité a, de son côté, convoqué le directeur de l’établissement pour un rappel à l’ordre, marquant la volonté des autorités locales de réagir rapidement.
Une polémique relancée dans le débat public

Sur les ondes de RMC, dans l’émission Les Grandes Gueules, l’éducateur Abel Boyi a vivement critiqué cette décision judiciaire. Selon lui, « le scandale vient du fait que la justice est saisie » pour un événement qu’il considère comme une simple manifestation étudiante sans réelle portée.
Il estime que cette affaire révèle une surinterprétation politique d’un geste qu’il qualifie de festif et symbolique.
Liberté artistique ou provocation déplacée ?
Le directeur de l’école, Stéphane Sauzedde, a défendu la démarche de ses étudiants en invoquant la liberté artistique. Selon lui, l’intention n’était ni la haine ni la provocation gratuite, mais une forme d’expression critique, teintée d’humour, visant à interroger les violences policières.
Ce positionnement pose une question centrale : jusqu’où l’art peut-il aller lorsqu’il s’empare de symboles institutionnels sensibles ?
Un contexte politique qui attise les tensions

Pour Abel Boyi, la sévérité de la réaction s’explique aussi par le calendrier politique. À l’approche des municipales, les responsables publics chercheraient à afficher une posture d’autorité face à ce type de situation médiatisée.
Cette lecture politique alimente le débat sur la proportionnalité de la réponse judiciaire face à une action relevant, selon certains, du champ artistique.
Le Code pénal prévoit que l’outrage aux forces de l’ordre ou au drapeau tricolore est passible de 7.500 euros d’amende et de six mois d’emprisonnement. L’application de ces textes à une performance artistique soulève aujourd’hui un débat juridique et sociétal, entre protection des symboles républicains et défense de la liberté d’expression.







